Vœux à un jeune chef

Autrui a en toi placé confiance.
Fini le temps de l’insouciance.
Sonne le glas des turbulences.

Sache que la fonction prime l’être ;
Disent les aînés, anciens, ancêtres.
C’est un devoir de le transmettre.

Être chef, c’est devenir comme un aîné, 
Personne dont la charge est entérinée.
La responsabilité est inculquée, pas innée.

Un aîné qui a la sagesse des anciens,
Qui ne doit corrompre ou rompre les siens ;
Qui œuvre à grandir avec des gens en lien.

Être chef, ce n’est pas juste un titre qui en jette,
Qui permet de se gargariser de viles courbettes,
De distribuer des ordres secs ou des galettes.

Tes nuits seront courtes ou très longues.
La file des dithyrambiques sera longue
Les mendiants t’useront comme leurs tongs.

Les intrigants seront aussi fielleux que sournois.
Sirènes et aèdes conteront fleurettes vêtues de soie.
Péripatéticiennes et concubines sortiront des bois.

Tu devrais être le maillon fort d’une chaîne,
Qui avec intelligence et sans haine,
Elève, rassure, assemble à perdre haleine.

Un chef doit s’ancrer avec foi à la terre ;
Où sont ensevelis mères et pères, des repères ;
Prédécesseurs qui ont lutté ou fait la guerre.

Tes ancêtres en ont fait un lieu habité ;
Qui transpire des valeurs de solidarité ;
Ton passage devrait y faire écho par dignité.

Puisque tu n’es ni empereur, ni Dieu,
Encore moins une divinité en ce lieu,
Sois ingénieux, fais de ton mieux.

Que santé et force t’étreignent,
Que flamme et foi ne s’éteignent,
Oh toi qui en ce moment saigne.

Malgré la cour qui s’agite,
Les courtisans qui s’invitent,
La solitude devient gîte.

Que la poésie y fasse séjour,
Que l’essentiel devienne jour,
Pour espérer de beaux jours.

Même quand la charge devient lourde,
La foi n’est pas forcément à Lourdes,
Et l’ancestrale bienveillance n’est sourde.

Écoute-moi malgré mon air balourde,
Sillonnant anciens, ouvrant mes esgourdes.
Ne commets surtout pas de bourde.

Tous mes bons vœux au monument,
Qui sait sourire malgré les tourments,
Avançant sur le chemin, dignement.

Que santé et force t’étreignent,
Que flamme et foi ne s’éteignent,
Oh toi qui en ce moment règne.

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