J’ai la banane, assise dans ma cabane.
Je voyage malgré les ridules dues à mon grand âge.
Je suis en lévitation, portée par mon imagination.
Pas besoin de pêche parce que vautrée dans une calèche.
Surtout que je suis cernée de bananiers et non de pêchers.
Et si d’aventure je péchais pour excès de confiture,
Ça ne sera pas de la pomme défendue mais de la mûre;
Sombre à l’image de ces ancêtres sans âge;
Le fruit autorisé pour les personnes mûres.
Je ne me lasse pas de scruter grande dame Nature.
Moi Poko’bila, humblement vêtue de mon teint chocolat,
Plutôt que de m’appesantir sur mes courbatures,
Mes cheveux gris qui ne sont nullement aigris,
Frisonnant avec délice autour de mon identité métisse,
Je souris, mûris, m’investis
À la vue de ces immortelles, tapies au sol, mais si belles.
Beauté renouvelée qui honore l’éternité.
J’ai la banane, pas une besace emplie de liasses.
À cet instant précis, mon âme se couvre d’une douceur infinie,
Que ni la finitude ni la face sombre du monde
n’entameraient.
Sentiment profond de gratitude, rien que de la gratitude!
Vivons heureux, restons aimants, soyons vivants.
IsaS Lanoire

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